LA TANIÈRE JAUNE

bientôt chez les loups

cuisine
bleu hollandais

bleu hollandais

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le jour de la betterave

croustilles
végépâté
soupe
& mains usées

CHIPS CHIPS2 CHIPS3 VÉGÉPÂTÉ2VÉGÉPÂTÉSOUPEMAINS

seigle

et l’une de ces odeurs dans la tanière jaune
à en baver
si bon si bon

MIEMIE&FENÊTRESMORCEAUPLANCHE

la veille au soir

prévoir déjà le petit déjeuner
merci heidi

LIVRERECETTEAU FOURGRILLEGRILLE PLEINEMITAINES À FOUR

amour surex

pointe-basse glacée (bis)

1 2 3

l’infini, ou l’imposture du huit

pointe-basse glacée

8 BOUÉES CAP CORDES GLACES QUAI GLACES PNEUS PORTE BLEUE QUAI INTERNE QUAI

le nez dans la lavande

préparer les commentaires
parce que l’émission de radio débute le treize à dix-neuf heures
92,7 fm / cfim.ca

CAHIER LAVANDE TASSE

Bernadette

ou cette photographie que papa n’utilisera pas

BERNADETTE

céréales de riz brun biologique

ou le premier repas de Bernadette
quatre janvier six mois un jour

12

Quand je t’ai vu à la pharmacie l’autre jour je t’ai trouvé moche, comment vas-tu?

À te voir l’air je n’ai plus eu envie de t’écrire parce que j’ai tout à coup douté de tes bonnes intentions. Le sourire derrière la barbe mal peignée avait l’air trop faux pour être vrai. Et Bernadette sur tes genoux – et moi près du photographe à lui faire des sourires pour qu’elle m’imite –, je me suis demandée si j’allais lui parler de toi. De toi vraiment, pas de toi moche dans la dernière allée du Jean Coutu, entre les produits naturels et les réfrigérateurs à breuvages. Pas de toi moche avec ta fée des étoiles juvénile. D’ailleurs, elle était où, Mère Noël, ce samedi-là? J’aurais aimé la prendre dans mes bras, lui dire de prendre soin d’elle.

Je n’ai plus eu le goût de t’écrire, non, mais je me suis ressaisie. Et là je viens de manger un morceau de bûche trop Joe Louis, pour l’ambiance des Fêtes, pour me donner du contenu. Avec juste un verre d’eau, la bûche, parce que le lait me donne mal au ventre. Dans ma bouche, maintenant, il reste un goût doucereux de faux sucre et j’ai un peu envie de me râper les joues.

Hier il a neigé fort, c’était beau. Juste un peu au début, je suis allée marcher avec mes deux ours jusqu’au bout du chemin. Puis beaucoup plus, il y avait une petite accumulation derrière la voiture quand j’ai voulu sortir. J’ai appuyé un peu plus fort qu’à l’habitude sur l’accélérateur, pour passer le coteau, mais ça n’aurait pas été nécessaire. C’était pour me donner un avant-goût de janvier.

Juste après le souper, il a fallu qu’il pleuve. C’est dégueulasse après la neige, la pluie.

(Tu vois, Père Noël, quand on n’a rien à dire on parle de la pluie et du beau temps, pour meubler les silences quand ils portent des malaises sur leur dos.)

Quand je t’ai vu à la pharmacie l’autre jour, la poche sur ton dos elle était vide, ou si peu remplie qu’elle pendait comme une vieille peau. Je n’ai pas osé te demander devant les enfants mais je me suis dit que peut-être tu étais pauvre toi aussi et qu’il ne fallait pas trop te solliciter, cette année. C’est correct, tu sais. Je n’ai besoin de rien.

Bientôt, le temps passera vite et – si je lui parle d’un toi bien gras dans une usine au Pôle Nord, d’un toi heureux entouré de tes lutins – je t’écrirai avec ma fille sur un papier décoré. D’ici là, repose-toi bien, Père Noël. Et revitalise un peu tes cheveux blancs, j’ai remarqué qu’ils étaient secs. L’air froid, probablement.